Au secours!La jeunesse africaine se noie dans la méditerranée !

 Chaque année, des milliers de migrants en provenance d’Afrique, sont engloutis par la mer méditerranée, en tentant de rejoindre le continent européen.

Ce phénomène malheureux n’est pas sans rappeler, que déjà au XVe siècle, des Africains étaient enlevés de leur terre, pour servir de main d’œuvre gratuite en occident. Dans le cas récent, cette migration n’est à priori pas forcée.

Mais ces jeunes quittent ils volontairement le berceau de l’humanité ?

Lisons le récit de RM, (nom modifié par la rédaction) jeune ivoirien arrivé en Europe sur un bateau en provenance des côtes libyennes.

« L’horreur décrite est vraie …mais partir était la seule issue »

« D’emblée, je peux vous dire que tout ce que vous voyez à la télé est vrai » fut sa première phrase.

 Que signifiait « tout » ?

« Les morts, les femmes enceintes, les enfants, L’horreur décrite est vraie. » poursuivit-il l’air grave.

 RM est né en Côte d’ivoire, dans une famille aux revenus modestes.

Après des études, qui l’ont mené jusqu’à la terminale, il voulut passer un concours administratif, pour rejoindre la fonction publique, afin d’avoir une garantie de salaire et aider sa famille.

Dire que le graissage de pattes, fait partie intégrante des concours en côte d’ivoire, serait divulguer un secret de polichinelle.

Son père refusant de se plier à cette exigence, RM alla d’échecs en échecs.

Tous ses efforts pour se faire une place au soleil restèrent vains.

C’est dans ce scenario sans issue, que l’Europe fit son apparition.

Des amis à lui avaient tenter l’aventure, et force était de constater que leur situation était meilleure à la sienne.

Il décida alors d’essayer la case Europe, à défaut de mieux.

Malheureusement, son chemin croisa celui d’un arnaqueur qui l’abandonna à son sort au Maroc.

Retourner dans son pays lui étant impossible, il prit la décision d’aller en Algérie.

 Là-bas, il entendit parler de la route maritime pour l’Europe. Réticent dans un premier temps, il finit par céder.

De son récit, il découle que le réseau des passeurs est très structuré

Si les candidats à l’exil n’ont pas l’assurance d’arriver à bon port, les passeurs eux sont assurés, de recevoir leur argent peu importe l’issue.

Le coût du périple :550 euros (qu’il mit un an à réunir) et RM n’était pas le seul.

Un vrai parcours de combattant

Ils rejoignirent Ghadamès en Lybie à pied, et firent ainsi leur entrée dans la clandestinité. Ils ne verront presque plus la lumière du jour, et seront transportés dans des coffres de voiture.

Premier escale, Tripoli, où s’effectue la transaction financière entre les Algériens et les Libyens.

Si toutefois le passeur algérien se dérobait à sa tâche, le piège libyen se refermait sur le migrant qui était réduit à l’esclavage.

De Tripoli, départ pour Sabratha, où ils furent logés dans un dépotoir avec des femmes enceintes, des enfants pendant deux semaines.

 « Les sanitaires étaient si délabrés et sales, que personne n’osait les utiliser. Pour toute nourriture, on avait du pain sec et de l’eau, moi je n’avais pas faim. Je priais pour quitter la Lybie vivant. Des consignes nous avaient été donnés Nous devrions rester à l’intérieur, car à l’extérieur, on risquait l’enlèvement.

Le jour J, on nous conduisit à la côte.

On était une centaine à peu près.

Les passeurs demandèrent si quelqu’un parmi nous, était capable de piloter le bateau.

Un volontaire originaire de la Gambie se manifesta. Savoir conduire un bateau était un avantage car non seulement il garantissait une place, en plus le migrant ne devait pas s’acquitter des frais transport.

A la vue de la mer, un sentiment de peur m’envahit. Je ne savais pas nager. En cas de chute dans l’eau, mon sort était scellé. Confronté à cette éventualité, j’ai failli renoncer à mon projet, mais rebrousser chemin n’était plus possible.

En voyant que les femmes enceintes étaient les premières à prendre le bateau d’assaut sans avoir peur, je me suis dit que je ne pouvais pas me dégonfler. Je devais monter, et advienne que pourra.

Sur le bateau il régnait un silence pesant. Même les enfants étaient calmes. L’heure était grave et nous l’avions tous compris.

Le seul hic durant notre voyage, fut quand le moteur s’arrêta. Les réactions de panique manquèrent de faire chavirer le bateau.

La majorité n’avait pas fermé l’œil, Nous attendions la délivrance qui tardait à venir

Un bateau d’une ONG espagnole nous ayant repérés, vint à notre rescousse.

 Enfin sur ce bateau symbole de notre arrivée à bon port, les tensions se relâchèrent.

Nous y étions arrivés ! Nous étions vivants !

J’eu une pensée pour ma famille. J’avais envie de les avoir au téléphone pour les rassurer. »

“si c’était à refaire?… “

 

« Je ne saurai vous le dire, Je n’ai jamais imaginé dans ma vie rejoindre l’Europe en bateau, mais pris dans un engrenage, j’ai emprunté cette voie malgré moi.

Si j’avais eu du boulot, jamais je n’aurai quitté mon pays.

L’Europe est loin d’être l’Eldorado mais je continuerai à travailler dur. Mon rêve c’est de repartir au pays et faire des réalisations.

A tous ceux qui pensent à venir en Europe, je serai le dernier à les décourager mais je leur conseille d’éviter si possible la voie maritime car elle est vraiment dangereuse. »

Concrètement, que faisons-nous?

Croire que des individus soient prêts à affronter le monstre marin au risque de leur vie, sans avoir à le faire, c’est faire preuve d’un cynisme sans bornes.

Même si les chaines ne sont pas visibles, les contraintes n’en sont pas moins présentes, qu’elles soient économiques ou politiques.

Les campagnes de sensibilisation, les solutions que nous proposons, depuis notre tour d’ivoire pour soulager nos consciences, ne semble pas avoir un impact significatif sur ce fléau dévastateur.

Les chiffres de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) nous mettent face à notre impuissance à retenir notre jeunesse.

Les maux qui minent nos pays depuis les indépendances de façade ne sont pas non seulement pas combattus, mais entretenus par les régimes successifs. La corruption, la gabegie pour n’en citer que quelques-uns, et ils sont en partie ce qui pousse notre jeunesse à la fuite.

Quelles sont les solutions concrètes que proposent nos gouvernements ?

Que fait l’Europe à part s’ériger en forteresse ?

Que dire à notre jeunesse si rester ou partir ont pour finalité la mort ?

Help! African youth are drowning in the Mediterranean!

 Every year, thousands of migrants from Africa are swallowed up by the Mediterranean Sea, trying to reach the European continent.

This unfortunate phenomenon is reminiscent of the fact that Africans were already being kidnapped from their land in the 15th century to serve as free labour in the West. In the recent case, this migration is not a priori forced.

But are these young people leaving the cradle of humanity voluntarily?

Let us read the story of RM (name modified by the editorial staff) a young Ivorian who arrived in Europe on a boat from the Libyan coast.

“The horror described is true… but leaving was the only way out”

 “From the outset, I can tell you that everything you see on TV is true” was the first sentence to come out of his mouth.

 What do you mean by “everything”?

“The dead, the pregnant women, the children, the horror described is true. “he pursued with a serious look.

 RM was born in Côte d’Ivoire, into a low-income family.

After studies, which led him to his senior year of high school, he wanted to take an administrative exam to join the civil service to have a guaranteed salary and be able to help his family. 

To say that bribing,  is an integral part of ivory coast entrance exams, would be to reveal an open secret.

His father refused to comply with this requirement, so RM went from one failure to another.

It was in this hopeless scenario that Europe came into play.

Some friends of his had tried the adventure and it was clear that their situation was better than his.

He then decided to try the Europe route, for lack of anything better.

Unfortunately, his path crossed that of a scammer who abandoned him to his fate in Morocco.

As he could not return to his country, he decided to go to Algeria.

There, he heard about the sea route. Reluctant at first, he finally gave in.

From his account, it is clear that the network of smugglers is very structured

If the candidates for exile have no assurance that they will arrive safely, the smugglers are assured that they will receive their money regardless of the outcome.

The cost of the journey: 550 euros and RM was not the only one.

A true warrior’s journey

They reached Ghadames in Libya by night on foot, and thus made their way into hiding. They will almost no longer see daylight and will be transported in car trunks.

First stopover, Tripoli, where the financial transaction between Algerians and Libyans takes place.

If, however, the Algerian smuggler avoided his task, the Libyan trap would close on the migrant who was reduced to slavery.

From Tripoli, they left for Sabratha, where they were housed in a dump with pregnant women and children.

 “The toilets were so dilapidated and dirty, that no one dared to use them. As for the food, we had dry bread and water, but I wasn’t hungry. I was praying to leave Libya alive. We were given instructions We should stay inside, because outside we were in danger of being kidnapped.

On D-Day, we were taken to the coast.

There were about a hundred of us.

The smugglers asked if any of us were able to steer the boat.

A volunteer from Gambia came forward. Being able to drive a boat was an advantage because not only did it guarantee a place, but the migrant did not have to pay the transport costs.

At the sight of the sea, a feeling of fear invades me. I didn’t know how to swim. In the event of a fall into the water, my fate was sealed. Faced with this eventuality, I almost gave up on my project, but turning back was no longer a possibility.

When I saw that pregnant women were the first to board the boat without fear, I thought to myself that I couldn’t get cold feet. I had to get on board and come what may.

On the boat, there was a heavy silence. Even the children were calm. The situation was serious and we all understood it.

The only problem we faced during our trip was when the engine stopped. Panic reactions almost caused the boat to capsize.

The majority did not sleep a wink we waited for the deliverance that which was slow to come, the seconds seemed like eternities,

A Spanish boat that spotted us came to our rescue.

 Finally, on this boat, which was a symbol of our arrival at the port, tensions eased.

We had made it! We were alive!

I had a thought for my family. I wanted to have them on the phone to reassure them.

“if you had to do it again?…”

 

“I can’t tell you, I never imagined in my life to reach Europe by boat, but caught in a spiral, I took this path against my will.

If I had a job, I would never have left my country.

Europe is far from being Eldorado, but I will continue to work hard. My dream is to go back home and make things happen.

To all those who are thinking of coming to Europe, I will be the last to discourage them, but I advise them to avoid the sea route if possible because it is really dangerous.”

Concretely, what are we doing?

To believe that individuals are willing to face the sea monster at the risk of their lives, without the need to do so, is to be cynical without limits.

Even if the chains are not visible, the constraints are no less present, whether economic or political.

The awareness campaigns, the solutions we propose, from our ivory tower to ease our consciences, do not seem to have a significant impact on this devastating scourge.

The figures of the IOM (International Organization for Migration) puts us in front of our inability to retain our youth.

The evils which have plagued our countries since the independence of the facade are not only not fought but maintained by successive regimes. Corruption, mismanagement, to name but a few, and they are part of what drives our youth to flee.

What are the concrete solutions proposed by our governments?

What is Europe doing besides building itself into a fortress?

What can we say to our youth if staying or leaving is for death?

Mère à temps partiel, femme à temps plein

Credit :https://www.instagram.com/angodiva/?hl=nl

L’année dernière, je rejoignais officiellement, et en grande fanfare le groupe des mères indignes.

Mon crime? Décider de voyager sans ma famille.

Pour être honnête, je ne pensais pas que faire un voyage en solo, pouvait être considéré comme enfreindre les règles du guide « comment être une bonne mère ». Manuel se voulant utile, mis en place par des super femmes, pour toutes les femmes, même les ordinaires comme moi.

Alors dans ce manuel,  les règles majeures sont les suivantes:

-Être à la disposition de sa famille 7 jours sur 7.

-Lui concocter des menus sains et équilibrés

-Participer à toutes les activités extra-scolaires

Bref être omnipotente, omnisciente limite omni étouffante.

Non contente de ne remplir quasi aucun des critères énumérés ci-dessus, j’ai fait une entorse aux règles établies : j’ai délaissé ma famille pour une durée limitée.  L’affront !

 Un weekend sans les enfants? C’était limite mais encore pardonnable. Une semaine ? Là on est carrément en plein infanticide!

Quitte à être condamnée, pensai-je, autant bien faire les choses.

 Je partais pour 3 semaines.

Les réactions ne se sont pas faites attendre.

Il y avait celles qui se voulaient culpabilisantes

“mais tu ne pourras jamais faire 3 semaines sans tes enfants ”Tu ne tiendras pas le coup”

Il y avait celles qui se voulaient machistes, émanant de femmes.

“mais comment il va faire ton mari? “

Mais oui, heureusement qu’elles sont présentes et actives, pour défendre ces pauvres maris délaissés. Un altruisme dont le monde se passerait volontiers.

Et puis il y avait celles, qui de façon à peine voilée me signifiaient, que j’étais une mauvaise mère.

“moi, je n’aurais pas laissé mes enfants ne serait-ce que pour un weekend”

« Oui ! bien sûr ! mais personne ne t’oblige à le faire. Heureusement que je suis moi, et que toi tu es toi! » était ma réponse dans ce cas de figure.

Une année compte 365 jours ou 366 pour les bissextiles, alors ce ne sont pas 21 jours sans moi qui allaient créer un traumatisme irréversible chez mes enfants, bien au contraire, cela permettrait à ma famille de souffler. J’en étais convaincue.

Je suis le genre de mère qui ne porte pas son rôle comme une croix. Être maman, ne signifie pas enterrer la femme qu’on a été/qu’on est. Il m’arrive de céder à des « plaisirs coupables », comme de songer à mon bien être. S’occuper des autres est une bonne chose, pour pouvoir s’occuper des autres, il faut prendre soin de soi, alors prendre soin de soi est une bonne chose. Syllogisme cohérent non ?

Au nom de cette sacro- sainte maxime, je vais une fois toutes les six semaines, chez Erica m’allonger pour 3 heures. Erica n’est pas ma psychologue, mais mon esthéticienne. Passer trois heures chez elle me fait un bien fou. Je peux lui confier mes projets, mes envies, mes frustrations entre une séance d’épilation, massage ou de soin de visage.  L’avantage avec Erica est qu’elle est multitâche, et je ressors de chez elle délestée de bien plus que mes poils.

Au nom de cette même maxime, je m’autorise des activités n’ayant aucun rapport avec la maternité.

J’adore être mère, épouse, mais je ne pourrai remplir ses rôles que dans la liberté de pouvoir être moi.

Alors ce voyage ? eh bien, je l’ai fait, et ce fut une expérience formidable.

Je vous entends d’ici, non ! cela ne veut me dire que ma famille ne m’a pas manqué.

Je préfère vous rassurer, c’était loin d’être le cas. Au moins ça évitera qu’on rajoute un cœur de pierre à mon statut de mère indigne.

Mais, le manque n’est pas une punition, surtout quand on revient avec les batteries rechargées pour le combler.

Après la fin de ma retraite, alors que je m’attendais à être mise au banc des accusés au mieux, ou brulée vive au pire, grande fut ma surprise de constater, que c’était le contraire.

 J’étais, sans faire dans l’hyperbole, considérée comme une héroïne à mon retour.

J’avais du mal à comprendre ce revirement à 360 degrés, mais bien vite, les langues qui se mirent à se délier peu à peu, me firent réaliser qu’elles étaient nombreuses les mamans qui rêvent de cette pause.

Mais elles s’en privaient soit parce qu’elles se mettent une pression, et croient que sans elles le monde s’effondrerait, soit parce qu’elles n’en ont pas la possibilité, ou ont tout simplement peur du jugement des autres, et de leur entourage.

A leurs yeux, j’étais sans doute celle qui avait bravé les « interdits ».

 Mais à vrai dire héroïne je ne le suis certainement pas, mère indigne encore moins, je suis juste moi.

Une mère imparfaite qui fait du mieux qu’elle peut, s’autorise des pauses, une mère à temps partiel et une femme à plein temps.

Part-time mother, full-time woman

Ango diva(mom of 3 kids, fashion and lifestyle blogger) with her son
Credit: https://www.instagram.com/angodiva/?hl=nl

Last year, I officially with great fanfare joined, the group of unworthy mothers.

What’s my crime? You may ask. I decided to travel without my family.

To be honest, I didn’t think that taking a solo trip could be considered as violating the rules of the book How to be a good mother. A manual intended to be useful, written by superwomen, for all women, even ordinary ones like me.

So, in this manual, the main rules are as follows:

-Be at the disposition of your family 7 days a week.

-To concoct healthy and balanced menus for your kids and husband.

-Participate in all the extracurricular activities.

In short, to be omnipotent, omniscient, at a push “omni stifling”.

Not content with not meeting almost any of the criteria listed above, I violated the rules: leaving my family behind for a limited period. The inadmissible affront!

 A weekend without the kids? It was borderline but still forgivable. A week? Now we are downright in the middle of infanticide!

If I was to be condemned, I thought, I might as well do things right.

 I was leaving for three weeks.

The reactions were not long in coming.

Some wanted to make me feel guilty:

“But you’ll never be able to do three weeks without your kids.

Others somewhat macho, coming from women:

“But how is your husband going to manage? “  

Yes of course, fortunately, they are present and active, to defend these poor abandoned husbands. Altruism that the world would gladly do without.

And then there were those, who in a barely veiled way was telling me that I was a bad mother:

“I would not have left my children even for a weekend.”

“Yes, of course, but no one is forcing you to do it. It’s a good thing I am who I am, and you are who you are! “was my answer in this case.

A year counts 365 days or 366 for leap years, so it is not 21 days without me that would create an irreversible trauma in my children, quite the contrary, it would allow my family to breathe. I was convinced of this.

I’m the kind of mother who doesn’t carry her role like a cross. Being a mother does not mean burying the woman you were/are. Sometimes I give in to “guilty pleasures”, like thinking about my well-being. Taking care of others is a good thing, to be able to take care of others, you have to take care of yourself, so taking care of yourself is a good thing. Coherent Syllogism, right?

In the name of this sacrosanct maxime, I go once every six weeks to Erica’s to lie down for three hours. Erica is not my psychologist, but my beautician. Spending three hours at her house is doing me a lot of good. I can entrust her with my projects, my desires, my frustrations between a hair removal session, a massage or, a facial treatment. The advantage with Erica is that she is multitasking, and I come out of her house relieved of a lot more than just my hair.

In the name of the same maxime, I authorize myself activities that have nothing to do with motherhood.

I love being a mother, a wife, but I will only be able to fulfill her roles in the freedom to be me.

So this trip? Well, I went, and it was a great experience.

I can hear you from here, no! That doesn’t mean I didn’t miss my family.

I prefer to reassure you it was far from being the case. At least it won’t add a stone heart to my status as an unworthy mother.

 But the absence is not a punishment especially when you come back with the batteries recharged to make up for it.

After the end of my retreat, when I expected to be benched at best,  or burned alive at worst, great was my surprise to find that it was the opposite.

 I was, without being hyperbolic, considered a heroine when I returned.

I had a hard time understanding this 360-degree turnaround, but soon, tongues began to loosen little by little and made me realize that many mothers dreamed of this break.

But they were depriving themselves of it either because they put pressure on themselves, and believe that without them the world would collapse, or because they do not have the opportunity, or are simply afraid of being judged by others, and their entourage.

In their eyes, I was probably the one who had defied the ” forbidden “.

 But to tell you the truth, I certainly am not a heroine, an unworthy mother even less so, I am just me.

An imperfect mother who does the best she can, allows herself breaks, a part-time mother and a full-time woman.

COMME LILIAN THURAM, IL FAUT COMBATTRE LE RACISME À LA RACINE

2e match et 2e but pour Romelu Lukaku qui donne la victoire à l'Inter face au Cagliari de Nainggolan

LUKAKU  © Jonathan Moscrop – BELGAIMAGE

Lors d’un match de Série A à Cagliari en Italie, Une horde de supporters pousse des cris de singe à l’endroit du footballeur belge Lukaku.

Le crime de ce footballeur? son taux de mélanine élevé, sa couleur de peau.

Non, cette scène n’est pas tirée d’un livre d’histoire, ou d’un film de fiction.

Elle se passe en 2019.

Avant Lukaku, des joueurs comme Samuel Etoo l’international Camerounais ont eu droit à ce traitement.

Malgré les condamnations quasi unanimes, les joueurs noirs sur les stades sont toujours victimes de quolibets racistes, sans que les auteurs de ces faits ne soient efficacement inquiétés.

Dans le cas de Moise Keane, ces cris racistes furent même minimisés, par la fédération italienne de football, qui dans un rapport parlait de provocation, plutôt que de racisme.

Certains ultras de milans ont essayé, de nous faire avaler une énorme couleuvre, en ce qui concerne Lukaku. Selon eux, ces cris serviraient juste à déstabiliser l’adversaire, mais en aucun cas, ils ne sauraient être racistes.

Ahurissant non?

 « Le raciste a un complexe de supériorité » Lilian Thuram

Lilian Thuram © P. Lahalle L’Équipe

Interviewé par un journal italien, Lilian Thuram ancien footballeur, pour expliquer le comportement de ces supporters racistes, évoque leur complexe de supériorité lié à une histoire. Cette affirmation sortie de son contexte et montée en épingle, a suffi pour provoquer un tollé général.

En dépit de ses explications de texte sur différents plateaux, la tempête provoquée n’est pas prête de se calmer.

L’avalanche de réactions ne s’est pas faite attendre. Lilian Thuram était coupable de racisme anti-blanc.

Mais, au risque de décevoir les gens à l’indignation sélective, Lilian Thuram sait de quoi il parle, quand il évoque cette supériorité imprégnée dans la culture du blanc.

Il a étudié le sujet depuis belle lurette et a même mis en place une association https://www.thuram.org/ dans le but d’éduquer et combattre les stéréotypes, avec pour seule arme, la pédagogie.

Loin d’être raciste, il n’a fait que rapporter les faits comme ils sont.

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Le Racisme, une déclinaison de la hiérarchisation des races

Le racisme n’est pas apparu de façon soudaine, il a bien une histoire.

Les archives littéraires ou scientifiques regorgent de « chef d’œuvre » racistes, qui ont contribué, à reléguer le noir au bas de l’échelle.

Il n’y a qu’à lire « l’inégalité des races » d’Arthur Gobineau, pour se rendre compte de l’ampleur du mal. Et il n’y a pas que lui.

Des recherches à forte orientation raciste menées par des scientifiques, et des « esprits éclairés » de renom ont conclu, que le noir était le chainon manquant.

Ces démonstrations racistes, et subjectives sont la base de la hiérarchisation des races.

Sous couvert de science, le noir a été déclaré subalterne, ce qui a permis au blanc d’acquérir une supériorité.

C’est au nom de cette supériorité que l’esclavage s’est fait.

Cette supériorité fut aussi l’argument pour la colonisation.

C’est au nom de cette supériorité, que les noirs durent abandonner leur culture et traditions, pour adopter celle du colon.

C’est toujours elle qui permet de nos jours, que des intellectuels puissent trouver, que la colonisation fut positive pour le continent africain.

Elle a longtemps régi les relations entre les noirs et blancs, et a eu le temps faire son bonhomme de chemin dans les différents esprits. Même les plus érudits des intellectuels noirs, ne manquaient de faire pérenniser ces fausses idées à leur insu. La fameuse phrase du talentueux Senghor “la raison est hellène, l’émotion est nègre” en est l’illustration.

Elle est ressortie lors des débats par de nombreux africains contre des africains, sans qu’ils aient la moindre idée qu’ils font ainsi, l’apologie du racisme scientifique.

Tout raisonnement logique a été longtemps dénié au noir, dans l’intention de justifier sa servitude.  Le plus triste est, qu’on a fini par le convaincre lui-même du bien-fondé de cette démarche.

Ces séquelles laissés par ce racisme scientifique, sont bien présentes de nos jours.

L’image de cette Afrique pauvre, qui tend la main n’est pas faite pour arranger les choses.

Les cris de singe à l’endroit de joueurs noirs, ne sont qu’un prolongement de ce complexe de supériorité.

 « Arrêtez de ressasser le passé ! Le racisme c’est fini ! »

D’aucuns se demandent si on en fait pas trop à ce sujet. ”ce ne sont que des cris d’animaux” disent-ils.

On aurait pu penser pareille chose, si décrire le noir de façon simiesque, n’avait pas été une des bases du racisme scientifique.

Nous sommes tous égaux, certes, mais il ne suffit pas d’ordonner la fin d’une chose pour qu’elle disparaisse.

 Des injustices construites sur des thèses ne se volatilisent pas par enchantement.

Ces thèses ont été plantées comme des graines, et ont eu le temps de germer.

Il suffit de sortir de sa bulle, pour savoir que le noir n’est toujours pas traité en égal. Il doit montrer patte blanche pour être accepté, faire deux fois plus que le blanc, et nul besoin de mentionner qu’on attend de lui une exemplarité hors pair.

Dans la vie de tous les jours, être noir n’est pas de tout repos. Et même quand on excelle dans son art comme Lukaku, on n’est pas à l’abri d’être “remis ”à sa place.

Pousser des cris de singes à la vue d’un noir, ravive non seulement des plaies d’un passé récent, mais nous fait comprendre que les progrès au sujet de l’égalité des hommes, ne sont que de façade.

Le racisme est un fléau qui mine notre société, et pour l’éradiquer il faudra s’attaquer à la racine.

 Lilian Thuram a crevé l’abcès et l’odeur répugnante incommode sans doute, mais c’est une étape nécessaire.

Détourner le regard, se boucher le nez, faire la vierge effarouchée ne contribueront ni à faire avancer les choses, ni à nous faire taire.

Beaucoup se permettent de faire des raccourcis racistes de nos jours par ignorance.

Nommer les choses ce n’est pas faire du racisme anti-blanc.

Ce racisme anti-blanc, si toutefois il existait, est bien loin du racisme dont les noirs sont victimes.

 Chers caucasiens, Il est sans aucun doute très désagréable d’être indexé dans des fêtes par des noirs, ou d’essuyer des remarques sur votre couple mixte, mais sachez que les noirs vous envient ce traitement.

Eux, du fait de la couleur de leur peau, manquent de se faire lyncher, se voient refuser des boulots, des appartements, ou doivent se justifier en permanence.

Jamais des scientifiques noirs n’ont développé de théories comparant la race blanche à un animal, pour justifier une quelconque exploitation. Alors évitons de comparer l’incomparable.

Thuram n’a fait que dire la stricte vérité et si elle dérange, rejoignons son combat et éduquons les générations à venir pour une vraie égalité.

En passant, nous tenons à vous rassurer que nous ne prenons pas plaisir à aborder la thématique du racisme, nous sommes fatigués d’avoir à en parler. Il aurait été plus relaxant d’écrire un article sur la reproduction des hippocampes, mais malheureusement, les inégalités flagrantes dans la société dans laquelle nous vivons, ne nous laisse pas le choix.

Soutien total à Lilian Thuram !

JUST LIKE LILIAN THURAM, WE MUST FIGHT RACISM AT ITS ROOTS

Lukaku,Football player victim of racism during a match
© Jonathan Moscrop – BELGAIMAGE

During a Series, A match in Cagliari, Italy, a horde of supporters shouts monkey cries at Belgian footballer Lukaku.

“What was this footballer’s crime?” you might ask. It’s his high melanin level, his skin color.

No, this scene is not from a history book or a fiction film.

It is taking place in 2019.

Before Lukaku, players like Samuel Etoo, the Cameroonian international, received similar treatment.

Despite almost unanimous condemnations, black players in stadiums are still victims of racist jokes, without any effective action against the perpetrators of these acts.

In Moses Keane’s case, these racist shouts were even downplayed by the Italian football federation, which is reported as being a provocation, rather than racism.

 Some Milan ultras have tried to pull a fast one on us, as far as Lukaku is concerned. According to them, these shouts would only serve to destabilize the opponent, but under no circumstances could they be racist.

Astonishing, isn’t it?

“The racist has a superiority complex” Lilian Thuram

Lilian Thuram © P. Lahalle L’Équipe

Interviewed by an Italian newspaper, Lilian Thuram, a former footballer, to explain the behavior of these racist supporters, talks about their superiority complex linked to history. This statement, taken out of context and highlighted, was enough to provoke a general outcry.

Despite his explanations of the text on different sets, the storm is not about to calm down.

The avalanche of reactions was not long in coming. Lilian Thuram was guilty of anti-white racism.

But, at the risk of disappointing people with selective indignation, Lilian Thuram knows what he is talking about when he talks about this superiority imbued with white culture.

He has been studying the subject for some time and has even set up an association https://www.thuram.org/ ,to educate and combat stereotypes with the sole aim of teaching.

Far from being racist, he only reported the facts as they are.

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Racism, a variation of the racial hierarchy

Racism did not emerge overnight; it does have a long history.

There are plenty of racist “masterpieces” in literary or scientific archives, which have helped to relegate the black to the bottom of the scale.

One only has to read Arthur Gobineau’s “racial inequality” to realize the extent of the evil. And he is not the only one.

Highly racist studies by scientists and renowned “enlightened minds” have concluded that black is the missing link.

These racists, subjective demonstrations are the basis for racial hierarchization.

Under the pretext of science, black was declared subordinate, which allowed white to gain superiority.

It was in the name of this superiority that slavery was created.

This superiority was also the argument for colonization.

It was in the name of this superiority that slavery was created.

Today, it still enables intellectuals to consider that colonization was positive for the African continent.

It has long governed relations between blacks and whites and has had time to make its way through different minds. Even the highly educated black intellectuals did not fail to perpetuate these false ideas without their knowledge. The famous phrase of the talented Senghor “reason is Greek, emotion is black” is the illustration.

It reemerged during the debates by many Africans against Africans, without them having the slightest idea what they are doing so, the apology of scientific racism.

All logical reasoning has long been denied to the black, in an attempt to justify his servitude. The saddest thing is he has been convinced of the merits of this approach.

These sequelae left by this scientific racism are very present nowadays.

The image of this poor Africa, which is reaching out to its hand, is not meant to make things better.

The monkey cries at black players are just an extension of this superiority complex.

 “Stop dwelling on the past! Racism is over!”

Some people wonder if we are not doing too much about it. “it’s just animal cries,” they say.

We could have thought the same thing if portraying the black in a simian way, was not one of the foundations of scientific racism.

We are all equal, of course, but it is not enough to order the end of a thing to make it disappear.

 Injustices built on theories do not magically vanish into thin air.

These theories were planted like seeds, and had time to sprout.

All you have to do is get out of your bubble to know that the black is still not treated as an equal. He must show “white paws” to be accepted, do twice as much as white, and needless to say that he is expected to set an outstanding example.

In everyday life, being black is not easy. And even when you excel in your art as Lukaku does, you are not immune to being “put back” in your place.

The cries of monkeys at the sight of blacks not only revive the wounds of the recent past, but also make us understand that progress on human equality is only a facade.

Racism is a scourge that undermines our society, and to eradicate it, we must deal with it at its roots.

Lilian Thuram may have punctured the abscess and the unpleasant repulsive smell is undoubtedly inconvenient, but it is a necessary step.

Looking away, closing the nose, being a frightened virgin will not help us move things forward nor will it keep us quiet.

Many people nowadays allow themselves to make racist shortcuts out of ignorance.

Naming things does not mean making racism anti-white.

This anti-white racism, if it existed, is far from the racism of which blacks are victims.

Dear Caucasians, It is undoubtedly very unpleasant to be indexed at parties by blacks, or to receive remarks about your mixed couple, but know that blacks envy you this treatment.

They, because of the colour of their skin, almost get lynched, are refused jobs, apartments, or have to justify themselves at all times.

Black scientists have never developed theories comparing the white race to an animal to justify any exploitation. So let’s avoid comparing the incomparable.

Thuram only told the absolute truth and if it disturbs, let us join his fight and educate future generations for true equality.

By the way, we would like to reassure you that we do not take pleasure in discussing racism, we are tired of having to talk about it. It would have been more relaxing to write an article on the reproduction of seahorses, but unfortunately, the glaring inequalities in the society in which we live leave us no choice.

Full support to Lilian Thuram!

Mugabe, la mort d’un héros africain

Portrait de Mugabe sur un mur quelque part au Zimbabwe Credit: AP: Tsvangirayi Mukwazhi

Robert Mugabe est mort à l’âge de 95 ans, le 6 septembre 2019.Après l’annonce de sa mort, mon réflexe instinctif fut de taper son nom, dans le moteur de recherche Google.

À ma grande tristesse, je vis, que son nom était associé, au mot dictature de façon consistante.

Des articles européens, le comparait même de façon subtile, à Hitler.

Pour être honnête, l’angle emprunté par eux, ne me surprenait guère.

Sur les réseaux sociaux, j’ai vu des journalistes, des africains, salir sa mémoire, ou célébrer sa mort.

Des années en arrière, j’aurais pu me joindre à ces célébrations, mais depuis peu, j’ai pris un autre chemin m’ayant conduit à remettre en cause mes points de vue, qui étaient à mon insu, basés, sur ce que les médias voulaient que je pense.

Quelques années plus tôt, Mugabe était pour moi la réincarnation du diable, car le seul portrait de lui, à moi accessible était, celui d’un dictateur sans scrupules, qui tuait son peuple.

La manipulation de l’opinion publique a été savamment orchestrée pour déformer son image. Par exemple, des photos de lui prises à des moments peu favorables étaient mises en exergue: On le voyait qui dormait lors de réunions importantes, faire des pitreries, ou tenir des propos sulfureux.

Vu à travers le prisme de l’occident, Mugabe était un dictateur fou, et, nous avons adopté cette description, sans émettre la moindre réserve.

Mais savions-nous réellement qui était Mugabe?

Mugabe, le symbole de l’Afrique au poing levé

Mugabe et Mandela
Credit: John Parkin/AP

Quand je me suis plongée dans l’histoire de Mugabe, grande fut ma surprise de découvrir, que son passé était des plus glorieux.

Mugabe s’est battu pour les droits des noirs au Zimbabwe ancienne Rhodésie.

A l’époque, en Rhodésie, la minorité blanche dirigeante, s’était assurée de la protection de ses privilèges, au détriment de la majorité noire.

Mugabe a fait plusieurs tours dans les geôles rhodésiennes pour avoir défendu son peuple. Sa plus longue période de détention fut de 11 ans.

Le rêve de la majorité blanche était de calquer leur modèle sur celui de l’Afrique du Sud. Mais c’était sans compter sur la résistance du peuple zimbabwéen.

Cette résistance farouche a conduit à l’indépendance du pays en 1980.

Mugabe a joué un rôle non négligeable dans l’acquisition de cette liberté fondamentale.

Ce passé reluisant est pourtant occulté et peu connu. Ses dernières années au pouvoir sont celles, qui eurent le plus d’écho, dans les médias, et furent amplifiées pour faire de lui une caricature grotesque.

Robert Mugabe ne mérite pas de prix nobel, pour ses dernières années au pouvoir, je vous le concède volontiers. Mais, s’est-il mis sans raison à manger « des blancs » au petit déjeuner? Saviez-vous, qu’à une époque, il était le chouchou des britanniques, et a même été décoré par la reine d’Angleterre en 1994?

A cette époque, il protégeait la minorité blanche en boutant les squatteurs, hors de leurs terres.

Qu’est ce qui a bien pu causer la fin de cette lune de miel?

La cause de la réjection de Mugabe par l’occident

Mugabe et la reine d’angleterre

Lors de son accès à la magistrature suprême du Zimbabwe, Mugabe a hérité d’un pays aux inégalités criantes, fruit de la colonisation britannique, officiellement dédiée à “aider les sociétés primitives africaines, à se transformer en états modernes, mais officieusement, à exproprier les locaux de leurs terres.

La conséquence de cette colonisation fut que la minorité blanche contrôlait toutes les ressources du pays.

Pour réduire cette injustice, Mugabe a mis en place une réforme agraire, soutenue financièrement par les Britanniques. Logique qu’ils contribuent à réparer le tort qu’ils ont causé. « Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. »

En 1997, pour des raisons floues, Tony Blair décide, de mettre fin à l’aide britannique, mettant Mugabe dans une situation délicate, qui le força à prendre des décisions impopulaires.

À propos de ce rétropédalage de Tony Blair, Mugabe prononça les phrases suivantes: « Nous n’avons pas chassé les blancs, nous avons repris nos terres conformément à l’accord avec les Anglais. Selon celui-ci, les terres devaient être reprises aux fermiers et remises aux zimbabwéens. Cela s’est fait dans le cadre constitutionnel.

Si L’Angleterre de Blair refuse de fournir les compensations prévues, devrions nous croiser les bras et dire ”Oh Dieu tout puissant, je prie au nom du père, du fils et du saint esprit? “

Bon sang! Non! Blair, Blair, qui est-il? Juste le premier ministre de l’Angleterre. Je suis le président du Zimbabwe. Raison pour laquelle nous lui avons dit “d’accord, c’est ton argent, garde-le. Ce sont nos terres, nous les reprenons ”Juste équilibre. »

Entre Blair qui a rompu sa promesse, et Mugabe qui a pris acte et réagi en conséquence, à qui imputer les dérives de la réforme agraire?

Le FMI s’est aussi mis dans la danse en asphyxiant économiquement le Zimbabwe. L’Union Européenne, sous couvert de défense des droits de l’homme, appliqua des sanctions ciblées à son régime.

Qu’est ce qui justifie un tel acharnement? Comment était-il censé réagir face à ces attaques?

Ne nous y méprenons pas, il a gagné son étoile de dictateur parce qu’il a opposé une résistance. Il n’a pas tendu l’autre joue.

Dans une Afrique habituée à courbe l’échine, il n’eut pas peur d’élever la voix pour défendre les intérêts africains.

Il fut l’un des seuls présidents africains à défendre Kadhafi quand la Lybie fut attaquée par la France de Nicolas Sarkozy. On peut lui donner raison quand on voit que la Lybie est passée de fierté africaine à un no man’s land.

Défier l’occident, c’était signé son arrêt de mort.

De façon soudaine, il quitta la case des génies politiques, pour rejoindre celle des dictateurs.

La vérité est que, si on base l’opinion qu’on se fait d’une personne sur un segment de son histoire, nous serions surpris que même Jésus aurait pu être qualifié de violent si on ne se réfère qu’à l’épisode du temple.

Pour se faire un jugement précis, il faut prendre en compte la totalité des actions d’une personne.

Pourquoi nous, Africains, devrions célébrer la mémoire de Mugabe

Que l’occident diabolise Mugabe, c’est tout à fait compréhensible mais que des Africains se joignent à lui sans user de perspectives, c’est triste.

Bob Marley chantait : ” Pendant combien de temps tueront-ils nos prophètes. Alors que nous sommes juste à côté et que nous regardons ?”

Tuer, ce n’est pas juste l’élimination physique comme ce fut le cas pour Thomas Sankara ou Patrice Lumumba. Ternir la réputation peut aussi causer des dégâts considérables.

Aussi longtemps que nous baserons nos opinions, sur les classifications faites par les européens (motivées par leurs intérêts), nous participerons, au lynchage de nos dirigeants, et à la célébration des leurs.

« Tant que les lions n’auront pas d’historiens, l’histoire de la chasse sera toujours à la gloire du chasseur » disait le dicton africain.

Valery Giscard d’Estaing, dont la présidence fut ponctuée de nombreux scandales (l’affaire des diamants de Bokassa entre autres), est célébré en Afrique. En Côte d’ivoire, un boulevard porte son nom. On peut aussi trouver, des écoles, portant le nom de colons, dont nous ne savons pas grand-chose, mais qui furent reconnus comme hérosDans le dictionnaire Larousse, la définition de héros est la suivante : Celui qui se distingue par ses exploits ou un courage extraordinaire”.

À mes yeux, Robert Mugabe répond à ses critères. C’était un héros avec certes des zones d’ombre, mais il reste un héros africain qui s’est battu pour nos droits.Nous devons nous ”affranchir de l’esclavage mental ”et raconter nous-même notre histoire.

Repose en Paix Mugabe.