Le corona virus nous l’a fait à l’envers

Depuis quelques semaines, nous avons vu le cours de nos vies inversé par un intrus. Il avait pourtant l’air si inoffensif et lointain qu’on était loin d’imaginer, qu’il provoquerait un chamboulement à l’échelle mondiale. Vous l’avez deviné, il s’agit du coronavirus. Déjà le nom de la maladie qu’il provoque est tellement charmant, qu’il était difficile d’en avoir peur. La peste voilà au moins un nom qui foutait les jetons, donnait envie de se barricader, prendre ses jambes à son cou. Mais corona , qui ne voudrait pas d’une couronne ? seulement voilà, cette couronne au lieu d’être sur la tête, se greffe sur le système respiratoire et comme toute chose au mauvais endroit ,cause des dégâts considérables. Le couronnement suprême qu’on peut obtenir en cas de contamination est la mort.

Très vite , le virus a su traverser les continents, il  a démontré sa force de propagation en traversant le continent asiatique à la vitesse de l’éclair, pour s’inviter sur le vieux continent et faire trembler les piliers du colisée. L’Italie touchée, le virus poursuivit  son chemin en assiégeant l’Europe. Face au virus, la réponse commune européenne reste une illusion. L’Europe a clairement démontré qu’elle est un colosse aux pieds d’argile, une chimère monétaire, incapable de la moindre cohésion au-delà de l’Euro. Confinement complet, semi-confinement ? Chaque pays a le choix de prendre les dispositions qui lui conviennent. On va à la guerre en rangs dispersés.

Le mot d’ordre est néanmoins quasi-identique :se mettre en sécurité , et le lieu le plus sûr reste la maison.

On ferme les écoles, les crèches, tous les lieux de divertissement et de rassemblement.

 Les parents devenus enseignants de substitution , ont pu découvrir que c’ était un vrai métier. si nous avons du mal à gérer nos marmots, imaginez devoir en supporter une vingtaine.

Activités sportives, évènements , toutes les distractions nous permettant d’éviter de songer à la vacuité de notre existence ont été annulés.

Plus possible de rendre visite à des amis, d’ aller au cinéma etc.

On devra se contenter d’être nous-mêmes , 24 h sur 24 H , exercice pas facile quand on a appris à vivre que par le regard des autres.

Sartre disait que l’enfer c’est les autres, avec le confinement on découvre que l’échappatoire c’est les autres. Sans eux , plus de repères

Nous voila face à nous et aux êtres qui nous sont « chers » entre les 4 murs de notre geôle aseptisée.

Nous voila entrain de désapprendre  à nos progénitures les règles élémentaires de politesse que nous leur avons inculquées :

 « Non, il ne faut plus serrer la main »

 « Tenez- vous loin de tout le monde »

On lutte contre un ennemi invisible avec les moyens qu’on a , même si on sent qu’ils restent dérisoires.

Distance de sécurité obligatoire quand on fait ses courses, ou quand on rencontre quelqu’un. Le corona est un laissez-passer formidable pour les misanthropes. Plus besoin de se taper les conversations vides et creuses sur le temps, la couleur du pull de mamie , des questions existentielles, certes mais dont on se passe volontiers.

Tout compte fait, il reste important de souligner la chance que nous avons nous autres, d’avoir le confort d’un toit et d’être entourés. Tout le monde ne peut hélas pas en dire autant.

pour  certains,  la maison est tout sauf un lieu de repos  à cause des violences physiques ou psychologiques qu’ils y subissent.

L’Afrique épargnée au début de cette pandémie, provoquait l’étonnement des experts. Elle était pourtant connue pour être le berceau de tous les maux à défaut de berceau de l’humanité.

Mais même si elle  y rentre en trainant les pieds, L’Afrique fini par  faire son entrée dans la danse, au grand soulagement des oiseaux de mauvaise augure.

Les privilégies qui pour fuir le confinement imposé en Europe se rendent en Afrique, contribueront par leur inconscience à la prolifération de la maladie.

Ils oublient que sous nos cieux, un confinement comme c’est le cas en Europe est presqu’impossible, de plus, nos hôpitaux ne sont pas équipés pour faire face à cette pandémie.

Mais comme l’a souligné un tweet , largement diffusé sur les réseaux sociaux , les dirigeants africains ne pouvant plus se soigner en Europe,  auront tout le loisir de vivre les réalités auxquelles doivent faire face les populations ,du fait du sous-équipement des hôpitaux, tout en espérant  que cet épisode tragique les rapproche des populations qu’ils gouvernent.

Les médias nous font le décombre macabre des victimes, tellement contents d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Le virus a réussi l’exploit de reléguer la crise des migrants et Daesh au second plan. On oublie que pendant cette période, les plus vulnérables sont plus que jamais ceux à qui tendre la main pardon …le coude…

Anonymes, célébrités, riches , pauvres, noirs, blancs ce virus ne fait aucune distinction , « tous égaux face au covid-19 »

Le fichu virus qui les dents longues, a rongé 2 grands baobabs africains, qui ont fini par tomber.

Aurlus Mabele précurseur du soukouss est mort le 19 mars 2020

Manu Dibango chantre du soul Makossa, affectueusement appelé papa groove , dont le fameux « mamase mamasa makossa  » a été samplé par Michael Jackson, et bien d’autres ,a déposé son saxophone le 24 mars 2020

De grosses pertes pour le continent Africain. Chers illustres disparus, puisse la terre de nos ancêtres vous accueillir. Nous vous retrouverons au quotidien par le biais de l’héritage que vous nous avez légué. « Les morts ne sont morts » disait Birago Diop.

Si le vecteur animal est la source privilégiée pour l’origine de ce virus , On n’arrive pas à s’accorder sur le coupable. Est-ce le pangolin ?ou la chauvesouris ? . Mon vote ira à la chauvesouris.

 Depuis le début, ce virus nous l’a fait à l’envers , en mettant nos vies sens dessus , sens dessous.

Profitons du fait que nous ayons la tête en bas, pour nous poser les bonnes questions, et obtenir les réponses adéquates afin profiter de notre vie, une fois à l’endroit.

Bon confinement, bonne introspection. Prenez soin de vous, prenez soin de nous, prenez soin d’eux.

The coronavirus turned our lives upside down

In the last few weeks, we’ve had the course of our lives turned upside down by an intruder. He looked so harmless and distant that we could not have imagined that he would cause a global upheaval. You guessed it; it’s the coronavirus, the name of the disease it causes is so charming that it was hard to fear it. The plague is at least a name that scared the hell out of people, made them want to barricade themselves in, to run away. But corona, who wouldn’t want a crown? But this crown, instead of being on the head, is grafted onto the respiratory system and like anything else in the wrong place, causes considerable damage. The supreme crown that can be obtained in case of contamination is death.

Very quickly, the virus was able to cross continents; it demonstrated its power of propagation by crossing the Asian continent at the speed of lightning, inviting itself onto the old continent and make the pillars of the coliseum tremble. Once Italy was affected, the virus continued to spread and laid siege to Europe. The common European response to the virus remains an illusion. Europe has clearly shown that it is a colossus with feet of clay, a monetary chimera, incapable of the slightest cohesion beyond the Euro. Full lockdown, semi lockdown? Each country has the choice to make the arrangements that suit it. We’re going to war in scattered ranks.

But the watchword is almost the same: get to safety, and the safest place to be, is home.

Schools, nurseries, all places of entertainment and social gatherings are closed.

 Parents who have become substitute teachers have discovered it is a real job. If we have trouble managing our kids, imagine having to put up with 20 of them.

Sports activities, events, all the distractions that allowed us to escape from our lives have been canceled.

Visiting friends, going to the cinema, etc. is no longer possible.

We will have to be content with being ourselves, 24 hours a day, a difficult exercise when we have only learned to live through the eyes of others.

Sartre used to say that hell is other people, and with quarantine, we discover the escape route is other people. Without them, there are no points of reference.

Here we are faced with ourselves and our “loved ones” within the four walls of our sanitized jail.

Now we are unteaching our offspring the elementary rules of politeness that we have instilled in them:

“No, you mustn’t shake hands.”

“No, stay away from everyone.”

We fight against a concealed enemy with the means we have, even if we feel they remain derisory.
Mandatory safety distance when shopping or meeting someone. The corona is a great pass for misanthropists. No need to engage in empty and hollow conversations about the weather or the color of granny’s sweater, existential questions certainly, but which you can do without.

All things considered, it’s still important to emphasize how lucky we are to have the comfort of a roof over our heads and to be surrounded by the people we love. Unfortunately, not everyone can say the same.

For some, the home is anything but a place of rest because of the physical or psychological violence they suffer there.

Africa, spared at the beginning of this pandemic, was astonishing to the experts. Yet it was known to be the cradle of all evils in the absence of the cradle of humanity.

But even if it is dragging its feet, Africa is finally making its debut, to the enormous relief of the birds of ill omen.

The privileged who, to escape the quarantine imposed in Europe, go to Africa will contribute by their unconsciousness to the proliferation of the disease.

They forget that under our skies a quarantine similar to the one in Europe is practically impossible, also, our hospitals are unequipped to cope with this pandemic.

But as a tweet widely spread on social networks pointed out, African leaders who can no longer treat themselves in Europe will have plenty of time to experience the realities faced by their people because of the under-equipped hospitals, while hoping this tragic episode will bring them closer to the populations they govern.

The media is giving us the gruesome rubble of the victims, so happy to have something to sink their teeth into. The virus has succeeded in relegating the migrant crisis and ISIS to the background. We forget that during this period, the most vulnerable are the ones to whom we can reach out and extend a helping hand…oups a helping elbow.
Anonymous, celebrities, rich, poor, black, white, this virus makes no distinction, “all equal in the face of COVID-19.”
The damn long-toothed virus gnawed away at two massive African baobabs, which eventually fell out.
Aurlus Mabele precursor of the soukouss died on March 19th, 2020.
Manu Dibango singer of soul Makossa affectionately called papa groove whose famous “mamase mamasa makossa” was sampled by Michael Jackson and many others, put down his saxophone for the last time on March 24th, 2020.

Great losses for the African continent. Dear departed loved ones, may the land of our ancestors welcome you. We will find you again every day through the legacy you have bequeathed to us. “The dead are not dead,” said Birago Diop.
If the animal vector is the preferred source for the origin of this virus, we can’t agree on the culprit. Is it the Pangolin? Or the bat? My vote goes to the bat. From the beginning, this virus has been turning our lives upside down.
Let’s take advantage of the fact that we have our head down to ask ourselves the right questions and get the right answers to enjoy our life, once we are right side up.
Happy quarantine, happy introspection. Take care of yourself, take care of us, take care of them.

Negro Nations and Cultures, bible of African history.

cheikh Anta Diop

The book “Negro Nation and Cultures” is the fruit of phenomenal research, carried out by Cheikh Anta Diop, to restore the history of black Africa, which has long been obscured.

At that time, scientific racism, carried by eminent figures, was rooted in Western society, and had attributed to white the Cartesian being par excellence, the father of all civilizations, and defined black as a primitive, emotional being, incapable of the slightest logic.

The ancient Egyptians were black

It is in this torrent of racist certainties that Cheikh Anta Diop, a young man 27 years of age, is going to take the dominant ideology to the task, by asserting that the ancient Egyptians, precursors of civilization and science, were black. He not only asserts it, but he also proves it.

This thesis had the effect of an earthquake, and since it was bothersome, he had to be silenced.

You can’t hide the sun with a finger, as the African proverb says. Even if the Sorbonne University rejected his thesis in 1951, Présence africaine published the book in 1954.

Notwithstanding the evidence that is not lacking in his book, prejudiced scientists will try by all means to bring his work into disrepute.

Deemed too revolutionary, some African intellectuals found it difficult to adhere to the ideas conveyed in the book. Aimé Césaire was one of the few to support it. In ” Discourse Against Colonialism “, he will describe Cheikh Anta Diop’s book as ” the most audacious book a Negro has ever written “.

It was only until the 1974 Unesco colloquium that most of his theses were finally recognized” in its way of writing, its culture and its way of thinking, Egypt was African”, these were the conclusions of this summit.

Evidence of the negritude of ancient Egypt

statue of Montouhotep II Egyptian National Museum, Cairo, Egypt. Photographic Rights held by The The Bridgeman Art Library

The fight was a long one, and yet long before it, the fatherhood of Egyptian civilization had been attributed to the black race.

 In the testimonies of Greek scholars such as Herodotus, Aristotle, who were eyewitnesses, the black skin and frizzy hair of the Egyptians were mentioned.

Aristotle called them “agan malane” to describe their skin, which meant excessively black.

In the 18th century, the Count of Volney, a French historian, faced with overwhelming evidence, drew the same conclusions:

 “The Copts are therefore properly the representatives of the Egyptians, and there is a singular fact that makes this acceptation even more probable. Looking at the faces of many individuals of this race, I found a peculiar character that caught my attention: all of them have a yellowish and smoky skin tone, which is neither Greek nor Arabic; all of them have puffy faces, swollen eyes, crushed noses, big lips; in a word, a real Mulatto figure.  

I was tempted to attribute it to the climate when, having visited the Sphinx, its appearance gave me the key to the riddle. On seeing that head, typically Negro in all its features, I remembered the remarkable passage where Herodotus says, “As for me, I judge the Colchians to be a colony of the Egyptians because, like them, they are black with woolly hair” In other words, the ancient Egyptians were true Negroes of the same type as all native-born Africans.”

One of the other irrefutable proofs of the Negro character of the ancient Egyptians was the color of their gods. Osiris and Thoth, to name but a few were black.

The dark representations of the pharaohs and the hairstyles they wore also support the negritude of ancient Egypt. (See MENTOUHOTEP II and NEFERTARI).

The analogy goes beyond the physical and capillary features.

Ancient Egyptian values such as totemism are still present in Black Africa,

A comparative linguistic study highlights similarity between Egyptian and African languages such as Valaf and Serere (non-exhaustive list).

  In light of these arguments, the conclusion is final: The invention of writing, of science, we owe it to blacks. The Greek culture which inspired the Roman culture draws its sources from Negro Africa. “Pythagoras spent 22 years in Egypt, from 558 to 536 BC. Plato stayed there from 399 to 387 B.C… It was therefore there, at the feet of the Egyptian priests, that they drew the knowledge that made their glory. Pharaonic Egypt which was their teacher for so long is part of the heritage of the Black World. It is itself a daughter of Ethiopia. And “in its way of writing, its culture and its way of thinking, Egypt was African”.

Giving the black man his rightful place in the history of mankind 

The fact that this part of the history of mankind was brushed aside was linked to the need to justify colonization. The barbarian negro was then invented and culture was brought to him.

This propaganda found it difficult to accept that African society was structured and advanced before the arrival of the settlers. That the emancipation of women was not a problem. As African society is matriarchal, women held positions of responsibility long before this was the case in Europe.

The goal that Cheikh Anta Diop had in restoring this truth, was to give back to the forgotten continent its letters of nobility. It was not a question of awakening underlying hints of a superiority complex that could lead to forms of Nazism. […] the civilization he [the Negro] claims to have created could have been created by any other human race – as far as one can speak of a race – which would have been placed in such a favorable and unique cradle” [Cheikh Anta Diop, Negro Nations, and Culture, op. cit. 4th edition, p. 401].

Far from being a racist as his detractors wanted to describe him, Cheikh Anta Diop was a great humanist, who was recognized as such.

His work aimed to combat scientific racism and to prove that intelligence is in no way linked to skin color. He challenged the conception of the dominant race, which can be considered a significant contribution to the history of mankind.

The Legacy of Cheikh Anta Diop

Years laters, How do we contribute to the propagation of the colossal legacy left by Cheikh Anta Diop?

He advocated for a united Africa, gathered together, after having forged a strong identity, which would serve as a solid foundation. Where are with pan-Africanism? With the adaption of our languages to the realities and sciences as he experienced with the Valaf in the book? With the decolonization of mentalities?

It must be said that these subjects remain topical.

It is our duty to contribute to the emergence of our continent, which will first and foremost be cultural.

In the field of education, we must implement textbooks adapted to our realities.

Let us adapt our languages to modern realities. It is not a question of banishing the colonial languages acquired, but of revaluing our own and adapting them to modern science.

It is with feet firmly anchored in its roots, free from alienation, detached from the yoke of the colonial, and from the alienation of the colonized, that Africa will know its true value, and that it will be able to take its place on the world chessboard.

This re-foundation, which should not be done in a belligerent manner, will generate Africans proud of their origins, who will take their destiny into their own hands.

Nation nègres et cultures, bible de l’histoire africaine.

Cheikh Anta Diop

Le livre « Nation nègres et cultures », est le fruit de recherches phénoménales, menées par Cheikh Anta Diop, afin de restaurer l’histoire de l’Afrique noire longtemps occultée.

À cette époque, le racisme scientifique, porté par d’éminentes figures, était enraciné dans la société occidentale, et avait attribué au blanc l’être cartésien par excellence, la paternité de toutes les civilisations, et défini le noir, comme un être primitif, émotif, incapable de la moindre logique.

Les Égyptiens de l’antiquité étaient noirs

C’est dans ce torrent de certitudes racistes, que Cheikh Anta Diop, jeune homme de 27 ans, va prendre l’idéologie dominante à contre-pied, en affirmant que les Égyptiens de l’antiquité, précurseurs de la civilisation et des sciences étaient des noirs. Il ne fait pas que l’affirmer, il le prouve.

Cette thèse fit l’effet d’un séisme, et comme elle dérangeait, il fallait le faire taire.

On ne peut cacher le soleil avec la main dit le proverbe africain. Même si l’université de la Sorbonne rejette sa thèse en 1951, Présence africaine éditera le livre en 1954.

Nonobstant les preuves qui ne manquent pas dans son livre, des scientifiques pétris de préjugés essaieront par tous les moyens, de jeter le discrédit sur son travail.

Jugées trop révolutionnaires, certains intellectuels africains avaient du mal à adhérer aux idées véhiculées dans le livre. Aimé Césaire fut l’un des rares à le soutenir. Dans « discours contre le colonialisme », il qualifiera le livre de Cheick Anta Diop de « livre le plus audacieux qu’un nègre n’ait jamais écrit »

Il a fallu attendre le colloque de l’Unesco en 1974, pour que la plus grande partie de ses thèses soient finalement reconnus « dans sa façon d’écrire, sa culture et sa façon de penser, l’Egypte était africaine » telles furent les conclusions de ce sommet.

Les preuves de la négritude de l’Egypte antique

Statue en grès du pharaon Montouhotep II (environ 2055-2004 avant JC), provenant de Deir elBahari, situé sur la rive gauche du Nil face à Louxor. Elle est exposée au Musée national égyptien au Caire.  (AFP – Luisa Ricciarini/Leemage)

Le combat fut de longue haleine, et pourtant, bien avant lui, la paternité de la civilisation Égyptienne avait été attribué à la race noire.

 Dans les témoignages de savants grecs comme Hérodote, Aristote, qui avait été des témoins oculaires, la peau noire et les cheveux crépus des Égyptiens étaient mentionnés.

Aristote disait d’eux qu’ils étaient « agan malane », pour décrire leur peau ce qui signifiait excessivement noir.

Au 18e s, le comte de Volney, historien français, devant les évidences accablantes, tira les mêmes conclusions :

 « Les Coptes sont donc proprement les représentants des Egyptiens et il est un fait singulier qui rend cette acception encore plus probable. En considérant le visage de beaucoup d’individus de cette race, je lui ai trouvé un caractère particulier qui a fixé mon attention : tous ont un ton de peau jaunâtre et fumeux, qui n’est ni grec, ni arabe ; tous ont le visage bouffi, l’oeil gonflé, le nez écrasé, la lèvre grosse ; en un mot, une vraie figure de Mulâtre.  

J’étais tenté de l’attribuer au climat, lorsqu’ayant visité le Sphinx, son aspect me donna le mot de l’énigme. En voyant cette tête caractérisée de nègre dans tous ses traits, je me rappelais ce passage remarquable d’Hérodote, où il dit “Pour moi, j’estime que les Colches sont une colonie des Egyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux crépus”, c’est à dire que les anciens Egyptiens étaient de vrais nègres de l’espèce de tous les naturels de l’Afrique.»

Une des autres preuves irréfutables du caractère nègre des anciens Égyptiens, étaient la couleur de leurs dieux. Osiris et Thot pour ne citer qu’eux étaient noirs.

Les représentations foncées des pharaons et les coiffures qu’ils arboraient, étayent aussi la négritude de l’Égypte antique. ( voir les représentations de  MENTOUHOTEP 1er et NÉFERTARI)

L’analogie va au-delà des traits physiques et capillaires.

Des valeurs propres à l’Égypte antique, comme le totémisme sont encore présentes en Afrique noire,

Une étude comparée linguistique, souligne des similitudes entre l’Égyptien et les langues africaines comme le Valaf et le Serere(liste non exhaustive).

  Au vue de ces arguments, la conclusion est sans appel : L’invention de l’écriture, des sciences nous la devons à des noirs. La culture grecque qui a inspiré la culture romaine, tire ses sources de l’Afrique nègre. « Pythagore est resté en Egypte pendant 22 ans, de 558 à 536 av. J-C. Platon y est resté de 399 à 387 av. J.-C… C’est par conséquent là-bas, aux pieds des prêtres Égyptiens, qu’ils ont puisé le savoir qui a fait leur gloire. L’Egypte pharaonique qui a été leur institutrice pendant si longtemps fait partie du patrimoine du Monde Noir. Elle est elle-même fille de l’Ethiopie. Et « dans sa façon d’écrire, sa culture et sa façon de penser, l’Egypte était africaine ».

Donner à l’homme noir la place qui lui revient dans l’histoire de l’humanité

Le fait que ce pan de l’histoire de l’humanité, ait été balaye du revers de la main, était lié au besoin de justifier la colonisation. On invente alors le nègre barbare, à qui on apporte la culture.

Cette propagande avait du mal à accepter que la société africaine était structurée et avancée, avant l’arrivée des colons. Que l’émancipation des femmes n’était pas un problème. La société africaine étant matriarcale, les femmes occupaient des postes de responsabilité, bien avant que ce fut le cas en Europe.

Le but de Cheikh Anta Diop en restituant cette vérité, était de redonner au continent oublié ses lettres de noblesse. Il ne s’agissait pas d’éveiller des relents sous-jacents de complexe de supériorité, pouvant déboucher sur des formes nazisme.

[…] la civilisation dont il [le Nègre] se réclame eût pu être créée par n’importe quelle autre race humaine – pour autant que l’on puisse parler d’une race – qui eût été placée dans un berceau aussi favorable, aussi unique” [Cheikh Anta Diop, Nations nègres et Culture].

Loin d’être un raciste comme voulait le décrire ses détracteurs, Cheikh Anta Diop était un grand humaniste, qui a été reconnu comme tel.

Son travail a consisté à combattre le racisme scientifique, et à prouver que l’intelligence n’est nullement liée à la couleur de peau. Il a remis en cause la conception de la race dominante, ce qu’on peut considérer comme un apport non négligeable à l’histoire de l’humanité.

L’héritage de Cheikh Anta Diop 

Des années plus tard, comment contribuons-nous à la propagation de l’héritage colossal de Cheick Anta Diop ?

Il prônait une Afrique unie, rassemblée, après s’être forgée une identité forte qui servirait de fondation solide. Où en sommes-nous avec le panafricanisme ?Avec l’adaptation de nos langues aux réalités et aux sciences comme il en a fait l’expérience avec le Valaf dans le livre ? Avec la décolonisation des mentalités ?

Force est de constater ,que ces sujets restent d’actualité.

La tâche qui nous incombe aujourd’hui, est de contribuer TOUS à l’émergence de notre continent, qui sera d’abord culturelle.

Dans le domaine scolaire, nous devons implémenter des manuels adapter à nos réalités.

 Adaptons nos langues aux réalités modernes. Il ne s’agit pas de bannir les langues coloniales acquises, mais revaloriser les nôtres et les adapter aux sciences modernes.

C’est les pieds solidement ancrés dans ses racines, libre de toute aliénation, détachée du joug du colonial, et de l’aliénation du colonisé, que l’Afrique connaitra sa vraie valeur, et qu’elle pourra prendre sa place sur l’échiquier mondial.

Cette refondation qui ne doit pas se faire dans une démarche belliqueuse, engendrera des africains fiers de leurs origines, qui prendront leur destinée en main.

Au secours!La jeunesse africaine se noie dans la méditerranée !

 Chaque année, des milliers de migrants en provenance d’Afrique, sont engloutis par la mer méditerranée, en tentant de rejoindre le continent européen.

Ce phénomène malheureux n’est pas sans rappeler, que déjà au XVe siècle, des Africains étaient enlevés de leur terre, pour servir de main d’œuvre gratuite en occident. Dans le cas récent, cette migration n’est à priori pas forcée.

Mais ces jeunes quittent ils volontairement le berceau de l’humanité ?

Lisons le récit de RM, (nom modifié par la rédaction) jeune ivoirien arrivé en Europe sur un bateau en provenance des côtes libyennes.

« L’horreur décrite est vraie …mais partir était la seule issue »

« D’emblée, je peux vous dire que tout ce que vous voyez à la télé est vrai » fut sa première phrase.

 Que signifiait « tout » ?

« Les morts, les femmes enceintes, les enfants, L’horreur décrite est vraie. » poursuivit-il l’air grave.

 RM est né en Côte d’ivoire, dans une famille aux revenus modestes.

Après des études, qui l’ont mené jusqu’à la terminale, il voulut passer un concours administratif, pour rejoindre la fonction publique, afin d’avoir une garantie de salaire et aider sa famille.

Dire que le graissage de pattes, fait partie intégrante des concours en côte d’ivoire, serait divulguer un secret de polichinelle.

Son père refusant de se plier à cette exigence, RM alla d’échecs en échecs.

Tous ses efforts pour se faire une place au soleil restèrent vains.

C’est dans ce scenario sans issue, que l’Europe fit son apparition.

Des amis à lui avaient tenter l’aventure, et force était de constater que leur situation était meilleure à la sienne.

Il décida alors d’essayer la case Europe, à défaut de mieux.

Malheureusement, son chemin croisa celui d’un arnaqueur qui l’abandonna à son sort au Maroc.

Retourner dans son pays lui étant impossible, il prit la décision d’aller en Algérie.

 Là-bas, il entendit parler de la route maritime pour l’Europe. Réticent dans un premier temps, il finit par céder.

De son récit, il découle que le réseau des passeurs est très structuré

Si les candidats à l’exil n’ont pas l’assurance d’arriver à bon port, les passeurs eux sont assurés, de recevoir leur argent peu importe l’issue.

Le coût du périple :550 euros (qu’il mit un an à réunir) et RM n’était pas le seul.

Un vrai parcours de combattant

Ils rejoignirent Ghadamès en Lybie à pied, et firent ainsi leur entrée dans la clandestinité. Ils ne verront presque plus la lumière du jour, et seront transportés dans des coffres de voiture.

Premier escale, Tripoli, où s’effectue la transaction financière entre les Algériens et les Libyens.

Si toutefois le passeur algérien se dérobait à sa tâche, le piège libyen se refermait sur le migrant qui était réduit à l’esclavage.

De Tripoli, départ pour Sabratha, où ils furent logés dans un dépotoir avec des femmes enceintes, des enfants pendant deux semaines.

 « Les sanitaires étaient si délabrés et sales, que personne n’osait les utiliser. Pour toute nourriture, on avait du pain sec et de l’eau, moi je n’avais pas faim. Je priais pour quitter la Lybie vivant. Des consignes nous avaient été donnés Nous devrions rester à l’intérieur, car à l’extérieur, on risquait l’enlèvement.

Le jour J, on nous conduisit à la côte.

On était une centaine à peu près.

Les passeurs demandèrent si quelqu’un parmi nous, était capable de piloter le bateau.

Un volontaire originaire de la Gambie se manifesta. Savoir conduire un bateau était un avantage car non seulement il garantissait une place, en plus le migrant ne devait pas s’acquitter des frais transport.

A la vue de la mer, un sentiment de peur m’envahit. Je ne savais pas nager. En cas de chute dans l’eau, mon sort était scellé. Confronté à cette éventualité, j’ai failli renoncer à mon projet, mais rebrousser chemin n’était plus possible.

En voyant que les femmes enceintes étaient les premières à prendre le bateau d’assaut sans avoir peur, je me suis dit que je ne pouvais pas me dégonfler. Je devais monter, et advienne que pourra.

Sur le bateau il régnait un silence pesant. Même les enfants étaient calmes. L’heure était grave et nous l’avions tous compris.

Le seul hic durant notre voyage, fut quand le moteur s’arrêta. Les réactions de panique manquèrent de faire chavirer le bateau.

La majorité n’avait pas fermé l’œil, Nous attendions la délivrance qui tardait à venir

Un bateau d’une ONG espagnole nous ayant repérés, vint à notre rescousse.

 Enfin sur ce bateau symbole de notre arrivée à bon port, les tensions se relâchèrent.

Nous y étions arrivés ! Nous étions vivants !

J’eu une pensée pour ma famille. J’avais envie de les avoir au téléphone pour les rassurer. »

“si c’était à refaire?… “

 

« Je ne saurai vous le dire, Je n’ai jamais imaginé dans ma vie rejoindre l’Europe en bateau, mais pris dans un engrenage, j’ai emprunté cette voie malgré moi.

Si j’avais eu du boulot, jamais je n’aurai quitté mon pays.

L’Europe est loin d’être l’Eldorado mais je continuerai à travailler dur. Mon rêve c’est de repartir au pays et faire des réalisations.

A tous ceux qui pensent à venir en Europe, je serai le dernier à les décourager mais je leur conseille d’éviter si possible la voie maritime car elle est vraiment dangereuse. »

Concrètement, que faisons-nous?

Croire que des individus soient prêts à affronter le monstre marin au risque de leur vie, sans avoir à le faire, c’est faire preuve d’un cynisme sans bornes.

Même si les chaines ne sont pas visibles, les contraintes n’en sont pas moins présentes, qu’elles soient économiques ou politiques.

Les campagnes de sensibilisation, les solutions que nous proposons, depuis notre tour d’ivoire pour soulager nos consciences, ne semble pas avoir un impact significatif sur ce fléau dévastateur.

Les chiffres de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) nous mettent face à notre impuissance à retenir notre jeunesse.

Les maux qui minent nos pays depuis les indépendances de façade ne sont pas non seulement pas combattus, mais entretenus par les régimes successifs. La corruption, la gabegie pour n’en citer que quelques-uns, et ils sont en partie ce qui pousse notre jeunesse à la fuite.

Quelles sont les solutions concrètes que proposent nos gouvernements ?

Que fait l’Europe à part s’ériger en forteresse ?

Que dire à notre jeunesse si rester ou partir ont pour finalité la mort ?

Help! African youth are drowning in the Mediterranean!

 Every year, thousands of migrants from Africa are swallowed up by the Mediterranean Sea, trying to reach the European continent.

This unfortunate phenomenon is reminiscent of the fact that Africans were already being kidnapped from their land in the 15th century to serve as free labour in the West. In the recent case, this migration is not a priori forced.

But are these young people leaving the cradle of humanity voluntarily?

Let us read the story of RM (name modified by the editorial staff) a young Ivorian who arrived in Europe on a boat from the Libyan coast.

“The horror described is true… but leaving was the only way out”

 “From the outset, I can tell you that everything you see on TV is true” was the first sentence to come out of his mouth.

 What do you mean by “everything”?

“The dead, the pregnant women, the children, the horror described is true. “he pursued with a serious look.

 RM was born in Côte d’Ivoire, into a low-income family.

After studies, which led him to his senior year of high school, he wanted to take an administrative exam to join the civil service to have a guaranteed salary and be able to help his family. 

To say that bribing,  is an integral part of ivory coast entrance exams, would be to reveal an open secret.

His father refused to comply with this requirement, so RM went from one failure to another.

It was in this hopeless scenario that Europe came into play.

Some friends of his had tried the adventure and it was clear that their situation was better than his.

He then decided to try the Europe route, for lack of anything better.

Unfortunately, his path crossed that of a scammer who abandoned him to his fate in Morocco.

As he could not return to his country, he decided to go to Algeria.

There, he heard about the sea route. Reluctant at first, he finally gave in.

From his account, it is clear that the network of smugglers is very structured

If the candidates for exile have no assurance that they will arrive safely, the smugglers are assured that they will receive their money regardless of the outcome.

The cost of the journey: 550 euros and RM was not the only one.

A true warrior’s journey

They reached Ghadames in Libya by night on foot, and thus made their way into hiding. They will almost no longer see daylight and will be transported in car trunks.

First stopover, Tripoli, where the financial transaction between Algerians and Libyans takes place.

If, however, the Algerian smuggler avoided his task, the Libyan trap would close on the migrant who was reduced to slavery.

From Tripoli, they left for Sabratha, where they were housed in a dump with pregnant women and children.

 “The toilets were so dilapidated and dirty, that no one dared to use them. As for the food, we had dry bread and water, but I wasn’t hungry. I was praying to leave Libya alive. We were given instructions We should stay inside, because outside we were in danger of being kidnapped.

On D-Day, we were taken to the coast.

There were about a hundred of us.

The smugglers asked if any of us were able to steer the boat.

A volunteer from Gambia came forward. Being able to drive a boat was an advantage because not only did it guarantee a place, but the migrant did not have to pay the transport costs.

At the sight of the sea, a feeling of fear invades me. I didn’t know how to swim. In the event of a fall into the water, my fate was sealed. Faced with this eventuality, I almost gave up on my project, but turning back was no longer a possibility.

When I saw that pregnant women were the first to board the boat without fear, I thought to myself that I couldn’t get cold feet. I had to get on board and come what may.

On the boat, there was a heavy silence. Even the children were calm. The situation was serious and we all understood it.

The only problem we faced during our trip was when the engine stopped. Panic reactions almost caused the boat to capsize.

The majority did not sleep a wink we waited for the deliverance that which was slow to come, the seconds seemed like eternities,

A Spanish boat that spotted us came to our rescue.

 Finally, on this boat, which was a symbol of our arrival at the port, tensions eased.

We had made it! We were alive!

I had a thought for my family. I wanted to have them on the phone to reassure them.

“if you had to do it again?…”

 

“I can’t tell you, I never imagined in my life to reach Europe by boat, but caught in a spiral, I took this path against my will.

If I had a job, I would never have left my country.

Europe is far from being Eldorado, but I will continue to work hard. My dream is to go back home and make things happen.

To all those who are thinking of coming to Europe, I will be the last to discourage them, but I advise them to avoid the sea route if possible because it is really dangerous.”

Concretely, what are we doing?

To believe that individuals are willing to face the sea monster at the risk of their lives, without the need to do so, is to be cynical without limits.

Even if the chains are not visible, the constraints are no less present, whether economic or political.

The awareness campaigns, the solutions we propose, from our ivory tower to ease our consciences, do not seem to have a significant impact on this devastating scourge.

The figures of the IOM (International Organization for Migration) puts us in front of our inability to retain our youth.

The evils which have plagued our countries since the independence of the facade are not only not fought but maintained by successive regimes. Corruption, mismanagement, to name but a few, and they are part of what drives our youth to flee.

What are the concrete solutions proposed by our governments?

What is Europe doing besides building itself into a fortress?

What can we say to our youth if staying or leaving is for death?

Mère à temps partiel, femme à temps plein

Credit :https://www.instagram.com/angodiva/?hl=nl

L’année dernière, je rejoignais officiellement, et en grande fanfare le groupe des mères indignes.

Mon crime? Décider de voyager sans ma famille.

Pour être honnête, je ne pensais pas que faire un voyage en solo, pouvait être considéré comme enfreindre les règles du guide « comment être une bonne mère ». Manuel se voulant utile, mis en place par des super femmes, pour toutes les femmes, même les ordinaires comme moi.

Alors dans ce manuel,  les règles majeures sont les suivantes:

-Être à la disposition de sa famille 7 jours sur 7.

-Lui concocter des menus sains et équilibrés

-Participer à toutes les activités extra-scolaires

Bref être omnipotente, omnisciente limite omni étouffante.

Non contente de ne remplir quasi aucun des critères énumérés ci-dessus, j’ai fait une entorse aux règles établies : j’ai délaissé ma famille pour une durée limitée.  L’affront !

 Un weekend sans les enfants? C’était limite mais encore pardonnable. Une semaine ? Là on est carrément en plein infanticide!

Quitte à être condamnée, pensai-je, autant bien faire les choses.

 Je partais pour 3 semaines.

Les réactions ne se sont pas faites attendre.

Il y avait celles qui se voulaient culpabilisantes

“mais tu ne pourras jamais faire 3 semaines sans tes enfants ”Tu ne tiendras pas le coup”

Il y avait celles qui se voulaient machistes, émanant de femmes.

“mais comment il va faire ton mari? “

Mais oui, heureusement qu’elles sont présentes et actives, pour défendre ces pauvres maris délaissés. Un altruisme dont le monde se passerait volontiers.

Et puis il y avait celles, qui de façon à peine voilée me signifiaient, que j’étais une mauvaise mère.

“moi, je n’aurais pas laissé mes enfants ne serait-ce que pour un weekend”

« Oui ! bien sûr ! mais personne ne t’oblige à le faire. Heureusement que je suis moi, et que toi tu es toi! » était ma réponse dans ce cas de figure.

Une année compte 365 jours ou 366 pour les bissextiles, alors ce ne sont pas 21 jours sans moi qui allaient créer un traumatisme irréversible chez mes enfants, bien au contraire, cela permettrait à ma famille de souffler. J’en étais convaincue.

Je suis le genre de mère qui ne porte pas son rôle comme une croix. Être maman, ne signifie pas enterrer la femme qu’on a été/qu’on est. Il m’arrive de céder à des « plaisirs coupables », comme de songer à mon bien être. S’occuper des autres est une bonne chose, pour pouvoir s’occuper des autres, il faut prendre soin de soi, alors prendre soin de soi est une bonne chose. Syllogisme cohérent non ?

Au nom de cette sacro- sainte maxime, je vais une fois toutes les six semaines, chez Erica m’allonger pour 3 heures. Erica n’est pas ma psychologue, mais mon esthéticienne. Passer trois heures chez elle me fait un bien fou. Je peux lui confier mes projets, mes envies, mes frustrations entre une séance d’épilation, massage ou de soin de visage.  L’avantage avec Erica est qu’elle est multitâche, et je ressors de chez elle délestée de bien plus que mes poils.

Au nom de cette même maxime, je m’autorise des activités n’ayant aucun rapport avec la maternité.

J’adore être mère, épouse, mais je ne pourrai remplir ses rôles que dans la liberté de pouvoir être moi.

Alors ce voyage ? eh bien, je l’ai fait, et ce fut une expérience formidable.

Je vous entends d’ici, non ! cela ne veut me dire que ma famille ne m’a pas manqué.

Je préfère vous rassurer, c’était loin d’être le cas. Au moins ça évitera qu’on rajoute un cœur de pierre à mon statut de mère indigne.

Mais, le manque n’est pas une punition, surtout quand on revient avec les batteries rechargées pour le combler.

Après la fin de ma retraite, alors que je m’attendais à être mise au banc des accusés au mieux, ou brulée vive au pire, grande fut ma surprise de constater, que c’était le contraire.

 J’étais, sans faire dans l’hyperbole, considérée comme une héroïne à mon retour.

J’avais du mal à comprendre ce revirement à 360 degrés, mais bien vite, les langues qui se mirent à se délier peu à peu, me firent réaliser qu’elles étaient nombreuses les mamans qui rêvent de cette pause.

Mais elles s’en privaient soit parce qu’elles se mettent une pression, et croient que sans elles le monde s’effondrerait, soit parce qu’elles n’en ont pas la possibilité, ou ont tout simplement peur du jugement des autres, et de leur entourage.

A leurs yeux, j’étais sans doute celle qui avait bravé les « interdits ».

 Mais à vrai dire héroïne je ne le suis certainement pas, mère indigne encore moins, je suis juste moi.

Une mère imparfaite qui fait du mieux qu’elle peut, s’autorise des pauses, une mère à temps partiel et une femme à plein temps.